A l'origine, un défi : adapter sur scène un texte
où simplicité et poésie rivalisent, de beauté puissante - et sobre
- pour creuser chez le lecteur, une faille sans réponse. Quel défi
d’adapter ce chef-d’œuvre de Camus, classé à la première place des
"cent meilleurs livres du vingtième siècle".
Un regard spectateur, inquisiteur, sur un personnage solitaire,
énigmatique - vide du sens commun mais pourtant ivre de vie : tel
est le cadeau que la scène nous offre, pour mettre en abîme la condamnation
de Meursault par une société - la nôtre (?) - bien pensante, sensible,
logique.
Et la présence, nue, sincère, luminescente de l’acteur que vient
tour à tour sublimer, menacer, et immoler, celle de l’Autre : l’Autre,
incarné par l’actrice, à la fois image de la femme, de la société,
de la victime, de l’autorité.
Ainsi cette performance, à travers chants et symboles, vous fera-t-elle
découvrir ou redécouvrir, sur les cordes expressives du violon,
la fiction biographique d’un destin qui pourrait bien être, à peu
de choses près, le vôtre, le nôtre - face aux autres.
|
| Meursault,
jeune homme vivant en Algérie française, reçoit un télégramme lui
annonçant la mort de sa mère. Après l'enterrement, il rencontre
son voisin de palier, Raymond Sintès, qui l'invite dans un cabanon
au bord de la mer. Raymond est souteneur, il s’est montré brutal
avec sa dernière maîtresse Mauresque et craint des représailles
de la part du frère. Se promenant sur la plage, ils croisent un
groupe d'Arabes dont l’un est le frère de la jeune femme : une bagarre
éclate, Raymond est blessé. Plus tard, Meursault marche seul sur
la plage : il est accablé par la chaleur étouffante, abruti par
la luminosité - par le soleil, le même soleil que le jour de l'enterrement
de sa mère... |
"Dans
notre société tout homme qui ne pleure pas à l’enterrement de
sa mère risque d’être condamné à mort.» Albert Camus
Une
mise en scène sobre et épurée : stylisée, pour mieux porter la
langue terriblement dépouillée, aride et poétique, du chef-d'oeuvre
de Camus - classé à la première place des "cent meilleurs
livres du vingtième siècle" (Wikipédia)."
|